La Station — Gare des mines • Fanny Testas & Sonia Saroya | 2024-2025

Fanny Testas & Sonia Saroya | 2024-2026

L’installation Le sable se caractérise par sa capacité à s’écouler suit le cheminement d’un grain de sable. Entre enquête documentaire et dérive poétique, étude de terrain et fouille archéologique, ce récit de l’infi niment petit débute dans la forêt de Fontainebleau qui possède l’un des sables les plus fi ns du monde. S'inspirant des processus géologiques et industriels de transformation du sable, les artistes produisent des sculptures-outils sous forme d’enceintes et de mobilier qui dialoguent avec des éléments et des relevés issus de l’enquête. Ici, chaque élément tente à la fois de donner une voix à ce minéral aux multiples visages, comme un moyen de se raconter lui-même et de poser en fi ligrane la question de la gestion d’un bien commun devenu objet de spéculation. S’il a transformé le monde ainsi que nos façons d’habiter et de communiquer, son exploitation intensive entraîne sa raréfaction et incite à repenser nos futurs.

Sable, verre, céramique, électronique,
acier, aluminium, éléments minéralogiques et documents

Collaborateur·ices : Sophie Argentin (céramique),
Simon Denise (métal),
Camille Jamain (traitement acoustique),
Clémentine Léon et Gautier Scerra de Service Local (graphisme),
Stéphane Pelletier de l'Atelier Gamil (verre),
Edouard Sufrin (électronique)

Production par la Station - Gare des mines.
Ce projet est lauréat de la bourse FoRTE de la région Ile-de-France ainsi que le soutien du CNM.

Fanny Testas

Née en 1994, Fanny Testas vit à Paris et est artiste et curatrice indépendante. Elle co-coordonne la webradio Station Station depuis 2021 et est inscrite au Conservatoire de Pantin en classe d’électroacoustique depuis 2020. Après avoir étudié les arts plastiques à l’Université Paris 8, Fanny explore les pratiques de l’exposition à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. À travers ses projets artistiques et curatoriaux, elle est engagée dans le partage des savoirs et pratiques, la collaboration et l’équité.

Que ce soit dans ses pratiques artistiques ou curatoriales, Fanny travaille souvent autour du médium son et de l'écoute. Elle cherche à questionner, via le sonore, nos rapports à nos environnements à l’ère de l’anthropocène ou du Chthulucène défini par Donna Haraway. Elle pense le sonore comme outil d’expression et de création au service du commun. Ainsi, lors d’enquêtes de terrain et dans un postulat démocratique, elle tend son micro à tous·texs afin de récolter voix et objets sonores, matière première de ses installations, créations sonores et documentaires radiophoniques. Elle expérimente différents dispositifs d’écoute et explore comment donner à entendre au sein d’une exposition.

Ces dernières années, elle a construit en collaboration avec d'autres artistes des dispositifs qui stimulent les rencontres et dialogues, tels le chariot de diffusion et enregistrement sonore la <em>Caravane des anamnèses</em> avec Lola Barrett (2021, Liège et Herstal, Belgique, bourse Un futur pour la Culture du ministère de la Culture belge) ou l’installation d’écoute des paysages sonores aquatiques <em>Hors flow</em> avec Lola Barrett et Joanne Samson (2021, Résidence de recherche et production Station Flottante du Collectif MU sur l'Urban Boat, Oise, France / 2021, Musée de l’éphémère d’Herstal).

En parallèle, elle curate plusieurs expositions dont en 2023 L’horizon des événements, un cycle autour des liens entre l’art et la science-fiction - présentant trois solo shows des artistes Vava Dudu, Fanny Taillandier et Lola Barrett à l'Institut français Berlin.

Sonia Saroya

Après une licence et un master Média, Design et Art Contemporain à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Sonia Saroya développe un univers fragile et discret où les paysages, les environnements souterrains, industriels ou naturels résonnent avec des questionnements issus des sciences humaines, de la philosophie et des technologies low-tech. Son travail est constitué d’installations qui se situent à la frontière de la sculpture, des arts numériques et sonores. Elle crée des sculptures sonores mêlant façonnage de bijouterie et circuit électronique ainsi que des dispositifs sonores autonomes, sorte d'œuvre-outils, permettant de créer parcours et balades sonores. Ainsi, elle cherche à questionner les paradoxes de nos sociétés contemporaines tout en reconsidérant nos possibilités d’action et nos savoir-faire.

Sonia Saroya s’implique aussi dans l’organisation de projets collectifs indépendants. En investissant des lieux en marge, elle explore des manières de déconditionner l'expérience à l'œuvre, au lieu, tout en interrogeant les rapports artistes/publics. En parallèle, elle défend l’accessibilité de ses pratiques en partageant réflexions, techniques et outils lors de missions d’enseignement.