MINES SONORES | STATION BALNÉAIRE

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MINES SONORES

STATION BALNÉAIRE

Une journée mêlant geste artistique et document, expérience esthétique et mythologies et s’étirant jusqu’au petit matin.


14:00-22:00 — MINES SONORES / Le Patrimoine sur écoute OmniOut (Lucie Bortot et Rodolphe Alexis) invite artistes, audionaturalistes et ethnomusicologues à partager leurs usages du monde autour de séances d’écoutes commentées, d’installation et de concerts. Un minimarket réunira éditions et labels.

22:00-02:00 — STATION BALNÉAIRE / On donne une écaille… L’Institut d’Esthétique viendra questionner les cultures populaires et les mythologies lié à la beauté et la mer. Plongez dans la féerie en compagnie d’une sirène migratoire pour découvrir ses rituels de beautés et revisiter un imaginaire collectif dans une « Station Balnéaire ». 02:00-05:30 — CLUB Sasa (In Flagranti) & Puzupuzu


MINES SONORES / Le Patrimoine sur écoute Une proposition du Collectif MU et d’OmniOut (Lucie Bortot & Rodolphe Alexis).

Anthropique, musical, architectural, faunistique ou paysager, une journée consacrée au(x) patrimoine(s) sonore(s) dans leur acceptation large, interrogeant d’une manière transdisciplinaire et ouverte notre rapport au son et sa faculté à documenter, archiver et transformer notre perception du réel. Ce n’est pas tant le statut des sons eux-mêmes ou l’histoire des arts médiatiques que le plaisir de la découverte et de l’échange qui seront mise en avant. Artistes et scientifiques, audionaturalistes et ethnomusicologues viendront animer cette journée autour de concerts, d’installations et de séances d’écoutes commentées. Un mini-market accueillera labels indépendants, éditions d’art… LB – RA
14:00-19:30 — Séances d’écoutes commentées et conférences 14:00-20:00 — Installations : Tavala Passion & Fair Play 14:00-21:00 — Mini-market labels 18:30 — Aline Penitot, « La réponse de la baleine à bosse » (conférence/concert) 20:30 — Aymeric de Tapol, « Folk dust tapes » (mix K7) 21:30 — François Fleury, « Waimaha » (projection)

Du Patrimoine sonore conservé aux spectres du passé libérés Un texte de Jean-Philippe Renoult

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« Du Patrimoine sonore conservé aux spectres du passé libérés » par Jean-Philippe Renoult

“C’est dans la boîte” a coutume de dire le preneur de son après une prise réussie. On ne la perdra plus, hein ? Bien. Maintenant, ouvrons la boîte, sortons les sons, stimulons les archives et jouons à être son soi-même. Jusqu’où le patrimoine sonore peut-il s’échapper et comment peut-il donner vie à la création actuelle ?

De la conservation des sons

L’Ethnomusicologie est d’abord une science humaine. Elle étudie les rapports entre musiques et sociétés. C’est à peu près en ces mots que commence la notice Wikipedia française qui lui est consacré. A peu près, car il y est écrit précisément “musique et société” au singulier. Ce petit “s” fait grande différence. Il marque le positionnement de l’enquêteur, du dit ethnomusicologue. Sans “s”, on notera un ethnocentrisme à peine voilé, retranché derrière des méthodes descriptives. Avec, on insistera sur la subjectivité et la variabilité culturelle de l’observateur. L’ethnomusicologie, mamelle essentiel de la constitution des patrimoines musicaux et sonores se trouve donc indélicatement coincée entre une observation scientifique rigoureuse —son ascendance ethnologique, et une sensibilité musicale plus où moins partagée entre l’observateur et l’observé. Dans cet entre-deux, tout se passe… A eux seul, les enregistrements et le patrimoine folk blues collectés par la dynastie Lomax sont plus connus que tous les travaux des autres ethnomusicologue rassemblés. La librairie du Congrès Américain en comprend d’ailleurs des milliers. Mais peut-on penser qu’un jour les Lomax se soient défini comme de simples observateurs ? des scientifiques ? Chez eux, le field recording se met à proximité d’un interprète identifiable dont certains deviendront des icônes inestimables du XXème siècle… John Lomax s’entiche de Leadbelly et l’incite à devenir professionnel. Son fils Alan Lomax, musicien lui même, favorise l’éclosion de Muddy Waters et devient le producteur de Woody Guthrie.

Leadbelly And Lomax, 1940’s — Film 429 (à noter en début de film le matériel d’enregistrement avec gravure sur disque vinyle directe) Le plus souvent, le collecteur de terrain amasse des enregistrements et des données précises sur la musique qu’il approche. Pour preuve, les notes de pochettes et de livrets très documentés qui accompagnent les éditions de l’Unesco, les collections Ocora, le Chant du Monde et autres. Elles renseignent sur l’histoire de la tribu ou de la société enregistrée, l’origine et les caractéristiques des instruments utilisés, le contexte de l’enregistrement et parfois même le matériel technique mise en oeuvre pour sa réalisation. Cependant nous n’y trouverons que très rarement le nom d’un musicien où d’un soliste particulier, tant l’accent est porté ici sur le rituel d’une communauté. Ces éditions mettent alors en lumière des patrimoines fabuleux mais dénués d’auteurs, car ils s’inscrivent dans la transmission de traditions. Transmission le plus souvent orale et empirique d’une génération à l’autre. Au bout du compte une publication s’intitulera sobrement Tibet: Musiques Sacrées ou ailleurs Musiques traditionnelles des Buddhist Gagaku au Japon, ou bien Musique de fête chez les Newar, ou même encore, Musique Proto-Indochinoise chez Les Moïs Des Hauts Plateaux Du Viet-Nam. L’énorme base de donnée collaborative en ligne, discogs, réfère d’ailleurs nombres de ces enregistrements capturés sur le terrain sous la bannière “unknow artist”. Ce n’est finalement que plus rarement qu’une collection dite d’ethnomusicologie affichera le nom d’un artiste singulier. Musique de fête chez les Newar du Nepal Le patrimoine n’est pas l’archive

Hiver 1989. Vancouver. Hildegard Westerkamp arpente la plage de Kits Beach le micro à la main, l’enregistreur Nagra en bandoulière. La plage est déserte et se donne à entendre dans sa vraie nature. “L’enregistrement d’origine a été réalisé par un matin calme, nous dit Hildegard Westerkamp. Le léger clapotis de l’eau et les sons minuscules des bernacles deviennent audibles avant que le bruit de la ville ne l’emporte. Dans cette composition sonore, nous quittons finalement la ville et explorons à la place le minuscule royaume acoustique des bernacles, le monde des hautes fréquences, l’espace intérieur et les rêves.”

Avec ce field recording qui fait date, elle inaugure les créations “soundwalking”, une série radiophonique dans laquelle elle ajoute en post production sa propre voix et quelques traitements électroacoustiques. La plage, d’ordinaire livrée à la coolitude locale de l’université toute proche, aux ghetto blasters et aux fumeurs de joints, retrouve ici son entité Indienne : Khahtsahlano, comme ils se disait jadis et dont le patronyme actuel Kits Beach en est l’anglicisme diminué. Les soundwalks dont le concept va fleurir ensuite mettent l’auditeur au centre de l’écoute. Cette écoute bien qu’alimentée par le paysage sonore est d’abord une pratique à l’échelle individuelle du corps entier, rythmée par la cadence de la marche. On s’y implique totalement en se livrant à un jeu de caractérisation des sons et des timbres. Lien : Hildegard Westerkamp – Kits Beach Soundwalk (1989) Le mot soundwalk lui même apparaît au début des années 70s dans l’entourage de R Murray Schafer et des théories de l’écologie sonore. En se situant entre naturalisme audio et design sonore Westerkamp témoigne, avec des outils propre au documentaire, d’une valeur sociétale forcément changeante du paysage sonore. “L’étude d’un environnement sonore donné”, nous dit-elle “révèle que l’image construite par l’auditeur dépend de sa perception”. Elle nous apparaît conditionné par une une construction sociale et culturelle préalable et donc non neutre. Déjà à Vancouver, R Murray Schafer observe et écoute dans les années 60 le marqueur sonore principale de son lieu de vie : la corne de brume. C’est à lui que l’on doit l’introduction de la notion de “soundscape” dans les écritures musicales. Avec la création du World Soundscape Project, en 1969, Schafer et d’autres compositeurs-chercheurs parmi lesquels Hildegard Westerkamp, se mettent en quête de recueillir des paysages sonores, de les analyser, d’en étudier l’évolution. La question qu’ils se posent ensemble est celle-ci : comment conserver un paysage sonore ? Comment préserver le son de la corne de brume autrement que par un enregistrement, un artefact ? Car en effet, l’intonation de la corne de brume, c’est aussi celui de la baie de Vancouver, vaste arc de cercle resserré et surplombée en son fond par une barrière de montage qui provoque un écho particulier en réponse au son venu de la mer. De la pluie régulière, des vents sempiternels pour cette ville à l’ambiance west coast toute proche de la frontière Américaine. Ici donc, tout un ec(h)osytem s’avère strictement impossible à perpétuer ou à reproduire. Lien : World Soundscape Project C’est aussi la corne de brumes et derrière elle l’univers maritime en son entier qui anime Alvin Curran pour le projet Maritime Rites. Cette oeuvre au long cours prend racine en 1984 quand le compositeur Alvin Curran et la plasticienne Melissa Gould se mettent en besogne d’enregistrer les cornes de brumes à différents point côtiers du Nord-Est des Etats-Unis. Auditeurs actifs d’un paysage sonore plus grand que nature, ils fixent aussi sur la bande magnétique des cloches et des gongs, le tintement du gréement des bateaux agités par le vent, des oiseaux éparses, les réverbérations naturelles, ainsi que des commentaires de gardiens de phares et gardes-côtes. Ce matériau collecté est mis à disposition de compositeurs invités : John Cage, Joseph Celli, Clark Coolidge, Jon Gibson, Malcolm Goldstein, Steve Lacy, George Lewis, Pauline Oliveros, Leo Smith… Liste prestigieuse au profit de 10 concerts environementaux produit pour la radio. L’entreprise est immense. Elle offre au compositeur la possibilité rare de dialoguer avec un patrimoine sonore en voie de disparition. Parmi les plus sensibles, celui de Pauline Oliveros, mère du concept deep listening met ici en communion son accordéon microtonal avec les sirènes du passé. Lien : Maritime Rites (feat Pauline Oliveros): Rattlesnake Mountain Suite à cette première mouture qui pose la corne de brume comme un objet de patrimoine partagé, Maritimes Rites connaît une édition CD définitive en 2004. Mais mieux encore, le concept se prolonge et survit au delà l’édition en se nourrissant d’updates et de recréation dans différentes géographies du globe : Londres en 2007, Rome en 2012, Zurich en 2013, Freemantle en 2013… A l’évidence, beaucoup des structures et cornes de brumes enregistrées en 1984 se sont évanouies. Leur sonorités existent de moins dans les mémoires de ceux qui les ont connus —oui, car eux aussi, ils disparaissent. Les créations qui s’abreuvent de cet héritage permettent donc qu’il en subsiste une essence. Quand le compositeur puise dans le patrimoine, il le nourri à son tour. Curran parle de Maritime Rites comme d’un “semi-documentaire à vocation artistique. Qu’il présente la corne de brume comme une musique indigène typiquement Américaine”. Tant mieux alors si pour survivre le sonore doit s’affranchir plus radicalement encore de son statut de document. Les spectres libérés

La pérennité d’un vestige, d’un marqueur sonore, d’une société, ne tient pas nécessairement aux efforts, études et voyages mis en oeuvre pour sa conservation. Observons la célèbre oeuvre minimaliste post moderne du compositeur anglais Gavin Bryars, “Jesus Blood Never Failed Me Yet”. Elle est entièrement vitalisée par un clochard dont la mélopée chantée est mise en boucle. Pourtant rien ne prédisposait cette ritournelle à la reconnaissance.

“Je travaillais parfois avec des réalisateurs de films. L’un d’eux préparait un film sur le thème des sans-abris pour la BBC. Moi je l’aidais au montage du son. Il restait beaucoup de bandes qu’il n’avait pas sélectionné pour le film. Il me les a donc donné pour que je les utilise pour mes propres projets, comme de la bande vierge —on avait peu d’argent à l’époque et les bandes Revox coûtaient chères. Belle aubaine donc, je repart avec un stock de bandes, et plutôt que de les effacer, je les écoutent. J’entend surtout des paroles imbibées, des chants paillards et criards, et puis au milieu de cette cacophonie apparaît un bout de chanson très différente, musicale, juste, et surtout chargée d’une dignité qu’on ne retrouvait dans aucun autre enregistrement du reportage. Il ne s’agissait pas d’un alcoolique, seulement d’un vieil homme fragile qui vivait dans la rue. Sans préméditer de ce que je faisais, je me suis mis à jouer du piano sur sa voix : nous étions parfaitement accordés. Il chantait juste, restait juste, et en plus la fin de la chanson s’achevait de manière à ce qu’elle puisse recommencer, d’où l’idée de faire une boucle. J’ai ajouté progressivement une orchestration de plus en plus riche, mais toujours dans le but de mettre la noblesse de ce chant en valeur.” Ainsi Gavin Bryars évoque la genèse de son oeuvre insolite dont la première version date de 1971 —elle fut ensuite augmentée ou au contraire raccourcie au gré des formats d’éditions (33t, single, CD, …) Extrait de l’entretien Gavin Bryars – Un homme qui joue, par Jean-Philippe Renoult, Mouvement Janvier 2004 Lien : “Jesus Blood Never Failed Me Yet” (CD version) Le documentaire d’origine produit par la BBC à l’aube des années 70s sur les sans-abris de Londres ne reste pas dans l’histoire et ne change pas les esprits non plus. Miraculeusement, le déchet de bande exploitée par Bryars se transforme en “matière patrimoniale”. En empruntant aux stratégies found footage d’ordinaire propres au cinéma expérimental, Bryars extrait une image de son contexte. Il la libère de sa pellicule initiale, et in fine, témoigne avec plus de grâce et d’assiduité de la fragilité des conditions de vie d’un SDF, hier comme aujourd’hui. Enregistrer, documenter, archiver le réel ne vise donc pas tant à le restituer qu’à le donner à percevoir selon un protocole de fabrication sciemment élaboré. Ce parti-pris de composition se fait certes évidence chez Bryars et Curran. Mais c’est aussi une volonté qui se manifeste dans les restitutions de nombreux enregistrement ethnomusicologiques et field recordings. En témoigne la série des “paramètres musicaux” du Musée d’ethnographie de la Ville de Genève ou encore les voyages imaginés du musée Guimet avec le label Tsuku Boshi, deux projets présentés dans le cadre de l’évènement Mines Sonores* où s’écoutent en alternance traces ethno-sensibles et interventions électroacoustiques. Le patrimoine est alors dans le processus même de composition et de manipulation des sons. Un écart, petit ou grand, au regard des orthodoxes de la discipline. Mais d’un point de vue moins sectaire, ce geste de transmission ajouré, modifié, abâtardi, sauve l’archive de l’archaïsme plus sûrement qu’une vitrine de musée. Lien : Matière Viêt Nam (mix for Musée Guimet) Un patrimoine hanté

Le néologisme hantologie, emprunté au philosophe Jacques Derrida, s’applique à définir des productions qui se construisent à partir d’empreintes du passé. Dans son acceptation musicale, probablement la plus manifeste, elle ressuscite des spectres de folklores oubliés. Largement recontextualisées sous des couches de samples, les productions hantologiques convoquent des références sans noms. Malgré tout, l’ensemble crée un carburant fossile sincère aux émanations poétiques éthérées.

The Focus Group est le projet discographique d’un seul homme, Julian House. Lui même ne se défini pas comme un musicien, pas même comme un de ces DJ dénicheur de pépites de vinyle façon DJ Shadow, mais plus comme un artisan du collage. Il est en fait graphiste de métier et aussi le co-fondateur du label Ghost Box, écurie distinguée de l’hantologie britannique. On peut entendre dans sa pratique l’apport formel et graphique de sons trouvés-copiés-collés-maquillés. Ces titres courts évoquent une nostalgie d’un temps non identifié, alimenté de folklores oubliés en provenance des Balkans ou du Nord de l’Europe tout comme de musiques d’illustrations naguère ringardisées. L’ensemble s’expose comme un cabinet de curiosité en mouvement texturé par des reverbs et d’autres manipulations électroniques. Lien : The Focus Group – Chordfl Boîte à fantôme, samples habités… tout est ici affaire de revenants. Le patrimoine ne serait donc pas seulement un matériau embaumé, mais d’avantage une émanation échappée du sépulcre qui prend forme dans l’après vie. Finalement, quand le patrimoine porte les oripeaux froissés d’un spectre déliquescent où qu’il claudique péniblement comme un zombie, il s’émancipe et devient glorieux. Le plasticien Michael Snow, artiste visuel et sonore, cinéaste expérimental majeur, zélateur du found footage de l’art trouvé et d’un certain faux semblant est aussi l’auteur d’un album concept étrange : The Last LP: Unique Recordings of the Music of Ancient Cultures. Paru en 1987, l’oeuvre entend rassembler un patrimoine unique, définitif… un patrimoine du patrimoine. De celui qu’on emportera dans la tombe comme le saint suaire. En réalité, The Last LP est un magistral fake. Snow y chante sur des registres bigarrés et joue de tous les instruments présents ici : percussion, trompette, synthé et bandes magnétiques. Le disque reprend tous les codes formels de présentation du document ethnographique mais derrière l’ironie de l’exercice se dégage un hommage évident au héritages ethnomusicologiques. Lien : Si Nopo Da (By What Signs Will I Come To Understand?) par une fausse tribu du Niger. Lien : The Last LP: Unique Recordings of the Music of Ancient Cultures » Les futurs de l’obsolescence

Plus hantologique encore apparaît la réappropriation de supports obsolètes dans les processus de compositions. Les bandes magnétiques, les cassettes, les 78-tours et même les primo cylindres de cire sont prétexte à diverses écritures sonores très actuelles. Le cylindre de cire qui ne devait guère vivre au delà des années 1920, car destitué rapidement par le microsillon, est ainsi la matière d’une résurrection étonnante avec le projet du duo allemand Merzouga, “52º46′ North 13º29′ East – Music For Wax-Cylinders”, paru en 2013 chez Gruenrekorder

Lien : east music for wax cylinders Tous les motifs ethnomusicologiques qui composent ce travail sont issus d’une provenance unique. Celle clairement lisible dans la longitude spécifiée dans le titre : le Ethnologisches Museum de Berlin, au coeur du complexe des musées de Dahlem à l’ouest de la capitale Allemande. Son fond d’archive contient pas moins de 16.000 cylindres… mais tous n’ont pas été “réveillés”. L’outil, le médium lui-même peut devenir “objet sonore” au sens où l’entend le père de la musique concrète Pierre Schaeffer : un objet dédouané de sa source, entendu pour lui-même. En s’appropriant le support d’enregistrement pour ce qu’il est matériellement, le compositeur peut donc se concentrer sur ce qu’il en émane, et non plus uniquement sur ce à quoi il réfère. Le réemploi de cylindres antédiluviens est ainsi particulièrement saisissant dans la pièce “circa-1901” par les australiens du Loop Orchestra pour le compte des compilations “Anthology of Noise” du label Subrosa. Sous les couches de répétitions orchestrées par le bien nommé Orchestre, la fabrication durable d’un passé recomposé à partir de cylindres de 1901 extraits du catalogue Circa, subdivision de RCA /Victor, industrie musicale largement reconnue à l’époque pour son chien mascotte, Nipper, en position d’écoute attendrie devant le pavillon d’un gramophone. La fameuse “voie de son maître” se voit-t’elle trahie sous les boucles hypnotiques du Loop Orchestra ? Lien Etonnamment les supports acquièrent le statut d’instruments en vertu de l’exploitation de leur limitations techniques. Grincements, souffles, pleurages, bruits et craquements confèrent à identifier et à donner réalité à un support particulier. Dès lors, il possède son propre timbre au même titre qu’un instrument de musique. C’est dans cet esprit que Aymeric de Tapol propose pour Mines Sonores un mix “Folk Dust Tape” uniquement sur cassette plus ou moins flétries, et à partir de lecteurs audio parfois altérés. Dans le mix, des enregistrements obscurs de musiques festives existants sur uniquement cassettes récupérées dans des bazars d’Afrique du Nord, d’Europe Centrale ou du Moyen-Orient. Sous couvert d’une écoute nonchalante apéro-lounge, Aymeric de Tapol pose finement la questions de l’avenir et de la survivance de ces objets-là. Lien : Aymeric de Tapol Les usages et contre-exploitations des supports d’enregistrements ouvriront peut être vers des champs d’expression inédits, comme ce fut le cas auparavant avec les outils de lectures… Rappelons nous que la fameuse platine tourne disque est restée longtemps confiné à son usage premier d’appareil de lecture, avant de s’affranchir sous la patte des DJs et platinistes de tout poils comme une lutherie à part entière. Retour à la terre des ancêtres

Quand support d’enregistrement désuets, machines antiques, field recordings et héritage familio-patrimonial se croise, cela donne des redécouvertes tardives comme le jeune Ludwig Koch en pleine expérimentation capturant Brahms, l’ami de ses parents répétant sur le piano familial. Etait-ce là les prémisses d’une longue carrière de pionnier dans la bioacoustique, comme le travail circonstancié qu’il exerçera plus tard à la BBC le montre ?

Plus singulière encore l’histoire de “A Box Of 78s” par DinahBird sur les traces d’un passé remodelé par le paysage sonore lui-même. Au début du XXème siècle, une jeune fille grandit, à l’écart des autres enfants, sur une petite île canadienne au large de Vancouver peu habitée, Salt Spring Island. Pour lui tenir compagnie : une boîte de 78-tours qui ne la quittera jamais. Plus tard, cette jeune fille recluse deviendra la grand mère de DinahBird. Jusqu’à sa mort au début du XXIème siècle, elle conservera près d’elle la boîte de 78-tours quand bien même elle ne les écoute plus depuis longtemps. Cent ans plus tard, DinahBird retrace le voyage de cette boîte et rapporte les disques sur l’île primale où ils étaient écoutés. Avec l’aide d’un gramophone portable, plusieurs boîte d’aiguilles, et les journaux intimes de son arrière grand-père, elle réanime des sons qui ont disparu plus de quatre-vingts ans. Dans sa flight case, des disques des chanteurs d’opéra des années 20s : Chaliapine, Caruso, McCormack, … Quand elle pose son attirail quelque part, c’est pour jouer à ciel ouvert ces galettes revenus d’outre-tombe, tandis qu’elle enregistre la scène avec un équipement de reportage moderne. On pense à cette superbe scène du film Fitzcarraldo de Werner Herzog où le personnage interprété par Klaus Kinski, un amoureux fou d’opéra, remonte le fleuve Amazone sur un bateau et diffuse un disque de Caruso au milieu d’une nature hostile, entrant ainsi en communication avec les indigènes indiens. Lien : Fitzcarraldo plays Caruso Salt Spring Island est peuplé aujourd’hui de riches yuppies qui résident dans des villégiatures d’exceptions abritées dans une verdure indomptée. Pourtant une part de spiritualité hors du temps se révèle quand DinahBird jouant dans un cirque dissimulé à l’intérieur d’un bosquet implanté à flanc de montagne, constate que les sons naturels paraissent s’éteindre. Elle apprend plus tard qu’à cet endroit précis existait un site rituel du peuple des Indiens Salish. Lien : A box of 78s – extract by Dinahbird- Notons qu’ “A Box Of 78s” est paru en 2014 sur le label Gruenrekorder, littéralement “enregistrements vert” écurie au catalogue impressionnant qui réunit les pratiquants du field recording et des arts sonores avec plus de 130 artistes e 150 références. Présent sur market label de Mines sonores aux côtés d’une dizaine d’autres maison d’édition. La surface et la substance

En définitive les approches audionaturalistes, ethnomusicologiques tout comme les écritures musicales aiguillonnées par les héritages sonores tiennent toujours un double langage. Elles s’appuient sur les contextes, pénètrent gentiment la surface, pour reprendre le mot de Hildegard Westerkamp. Mais surtout, elle révèlent la substance d’une société… Une substance souvent plus essentielle que l’environnement même d’où elle est issue. Pour l’auditeur le patrimoine sonore sera donc davantage un guide à la compréhension de sa propre communauté que l’expression d’une époque, d’un écosystème ou d’une ethnie. De la même façon se pose notre relation au vivant pour nous apprendre qui et où nous sommes, la compréhension sensible des interactions avec l’altérité animale où les projets à cheval entre art et science, font leur apparition. “La réponse de la baleine à bosse” est un projet mené par la productrice radio et compositrice électroacoustique Aline Pénitot en dialogue avec des chercheurs spécialisés sur les cétacés. Mêlant bioacoustique, composition elle présente une conférence-concert scientifique avec une interprète au basson dont la tessiture se confond avec la prosodie des chants de baleines, enregistrés dans l’océan indien.

Le sonore touche tout. Il impacte durablement tout le vivant et tous les règnes : l’animal, le végétal, et même le minéral. Les traces qu’il laisse sont des lignes révélatrice des fonctionnements du monde. A l’occasion des journées du patrimoine, l’évènement Mines sonores, est un metteur en ondes éclairé de ces héritages. Une antenne-agora qui vibrera au grée d’écoutes et expressions aux ressentis multiples, multipliés… infinis. Jean-Philippe Renoult – septembre 2018


Séances d’écoutes commentées Documents, phonographies, musiques populaires, acousmatique, des œuvres interrogeant le patrimoine à travers la captation, la composition et la propagation du son.

14:00 — Archisonies, Jean-Philippe Velu, Kerwin Rolland (45')
Histoire de la voix portée, jeux avec l’acoustique, quand l’architecture et la création sonore sont indissociables. Le compositeur-architecte Jean-Philippe Velu, viendra présenter son travail ainsi que son livre Architecture et Musique, Espace-Sons-Sociétés et le plasticien Kerwin Rolland une sélection en lien avec ses recherches sur les fréquences de résonances des lieux de cultes liés aux chants grégoriens.
14:45 — Acousma & voyages imaginés, Laurent Guérel (45')
Laurent Guérel revient en écoute sur le projet associant son label Tsuku Boshi au Musée Guimet : Prenant comme fil rouge le voyage de Guimet et Regamey, des musiciens de différentes nationalités ont été invités à participer à la création d’une grande fresque sonore composée à partir des archives sonores du musée. Écoute agrémentées avec l’INA-GRM d’une sélection d’oeuvres acousmatiques qui font entrer le patrimoine dans le processus de composition.
15:45 — Talava Passion, Maxime Denuc et Aymeric de Tapol (45')
Maxime Denuc et Aymeric de Tapol, compositeurs & musiciens, nous content l’histoire d’un projet de disque avorté autour de la Talava, une musique populaire des Balkans mêlant synthétiseurs et influences traditionnelles.
16:30 — totem mix, Madeleine Leclair (45')
Madeleine Leclair, ethnomusicologue et conservatrice du département d’ethnomusicologie du Musée Ethnographique de Genève viendra présenter une sélection de pépites issues des collections et tirées de thématiques précises (musique de transe, berceuses, chant de travail, Fonds Brailoiu…), ainsi que des articulations plus actuelles comme celle des « paramètres musicaux », une série de créations contemporaines réalisées à partir d’extraits des archives – Le minimarket accueillera quant à lui le label VDE-Gallo.
17:30 — Early song, Matthias Helb, Lasse-Marc Riek
Héritier de la collection de Jacques Vielliard, l’entomologiste Matthias Helb viendra nous présenter une sélection des archives du célèbre ornithologue français, père de la bioacoustique brésilienne, en écho aux captations de Lasse-Marc Riek, artiste et preneur de son co-fondateur du label Gruenrekorder. Enfin nous plongerons dans les ambiances de Fernand Deroussen, figure de la prise de son animalière hexagonale.

Conférence / Concert scientifique

18:30 — La réponse de la Baleine à bosse, Aline Pénitot, Olivier Adam, Sophie Bernado, Céline Grangey.
Une tentative de dialogue / 1h30

Quel rapport entre la prosodie des chants des baleines et le timbre du basson ? La compositrice Aline Pénitot jette l’ancre à la Station pour faire le point sur les dernières recherches et expériences en compagnie d’Olivier Adam bioacousticien, Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, spécialiste des cétacés.

Où l’on découvre un scientifique drôlatique et ses dernières recherches sur les chants de baleines. Leurs vocalises nous plongent dans une écoute immersive particulière au milieu d’une couronne de haut-parleurs. A moins que ce ne soit à l’interview d’un chasseur inuit ou des paysages sonores du Groenland. Surgit la Litany for the Whale de John Cage, une seule question, des dizaines réponses possibles. D’étranges similitudes entre les chants de baleines à bosse et le basson apparaissent et nous emmènent dans une plongée en apnée en eaux profondes. Avec Aline Pénitot (compositrice électroacoustique), Olivier Adam (bioacousticien, professeur des universités), Sophie Bernado (bassoniste), Céline Grangey (ingénieure du son). Partenaires : Why Note, Diagonale Paris-Saclay, Laboratoire Lutherie Acoustique Musique Sorbonne Universtié, Lieu Multiple, Césaré, Dicréam-CNC, SCAM.


Installations

14:00-20:00 — Tavala Passion
14:00-20:00 — Fair Play

Scène plein air

20:30 — Aymeric de Tapol, “Folk dust tapes” (mix K7)
Aymeric de Tapol choisira quelque cassettes de sa petite collection dûment collectée avec le temps, une collection vivante. L’occasion d’écouter une musique planétaire, transmise par ses peuples, ceux du Moyen-orient, d’Afrique, d’Asie ou d’Europe. Beaucoup d’artistes n’ayant jamais été édités sur d’autre support que sur le format de la bande magnétique, la sélection présentera des musiciens méconnus voire inconnus. Aymeric de Tapol avait notamment était invité par les Siestes électroniques au musée du quai Branly avec une recherche portant sur l’utilisation du son continue dans les musiques traditionnelles et populaires.
21:15 — Waimaha (projection)
Wai : Poisson, Maha : Peuple. A la croisée du cinéma d’anthropologie et de l’essai, ce film s’intéresse à la vie et aux rituels du peuple Waimaha à travers leurs récits mythologiques. Tourné dans la région du Vaupes en Colombie, terrain d’étude d’anthropologues depuis les années 70, ce film présente trois légendes ancestrales amazoniennes, trois histoires contées par des shamans. « Waimaha » met au premier plan la parole d’hommes et de femmes considérés comme de véritables savants qui continuent à faire vivre la culture amazonienne et l’adapter au XXIe siècle. La musicalité de la langue, la mise en récit d’une pensée non linéaire, associés à des tableaux contemplatifs, permettent de rendre compte d’une réalité double et renouvelée. http://www.waimaha.com https://soundcloud.com/jean-yves-leloup

Mini-market labels

14:00-21:00 — Stands associations, Labels et éditions

Avec Kalerne, Naturophonia, Framework, Herbal International, Univers International, revue Syntone, Gruenrekorder, VDE-Gallo, Tsuku Boshi, Fair Play, GRAUTAG, PPT / Stembogen, Edition Delatour, Akuphone, Erratum, INA-GRM, Phonurgia Nova, ERR REC…

STATION BALNÉAIRE / On donne une écaille… Une proposition de L’institut d’Esthétique.

L’institut d’Esthétique est un projet artistique fondé par Emile Degorce Dumas, Haily Grenet et Vincent Voillat, à travers lequel ils posent des questions d’Esthétique dans un institut d’esthétique. Chaque invitation donne lieu à des nouvelles collaborations avec des artistes d’horizons variés, afin de souligner le rapport performatif possible entre des œuvres d’art et le public dans un environnement lié au monde de la beauté.

Le 15 septembre, l’Institut d’Esthétique entend questionner les cultures populaires et mythologies liées à la beauté et la mer. Plongez dans la féerie en compagnie de notre sirène migratoire pour découvrir ses rituelles beautés et revisiter un imaginaire collectif dans une « Station Balnéaire ».

22:00-00:00 — Musiques balnéaires (Projections et exposition)
Murder on the dancefloor

Installation d’Emile Degorce Dumas. « Murder on the Dancefloor » montrée dans le cadre de l’exposition « Un peu plus tard après la nuit » à DOC. Signes en céramique, sorte d’écriture chamanique inspirée par les danses des habitants de la Station durant la période « Balafon ».

Les perles

Installation d’Emile Degorce Dumas Perles en céramique évocation de la beauté naturelles, trésor des fonds marins.

Soin Litho-réflexo plantaire sur dune

Installation de Vincent Voillat. Un mobilier de jardin mutant fait de sable et crocs incrustés de pierres : Shungite, améthyste et cristal de roche. Soins permettant de développer la prise de conscience des effets de l’anthropocène, transformant en profondeur les consciences et les comportements toxiques afin de rendre le sujet plus à même de soigner son environnement et ses liens avec les autres en éliminant toutes formes de mauvaises ondes. Attention soin très puissant et irréversible.

22:00-23:00 — On donne une écaille, il te prenne une nageoire ! (Performance d'Elsa Lefebvre)
Une Petite Sirène disgracieuse vient d’être capturée en ville. Sans papier, elle devient le clou du spectacle d’une réalité cruelle, masquée sous des filtres pop d’images édulcorées. A la recherche d’une vie meilleure, elle est prête à sacrifier son identité propre et son doudou pour devenir le personnage qu’elle n’est pas, avec des papiers d’identité en règle. Pour y accéder, elle devra se confronter au rite de Mini-Miss America, dirigé par des hommes coquillages. « On donne une écaille, il te prenne une nageoire » est un conte-performance contemporain et surréaliste mettant en jeu le passage de l’enfance à l’adulte. L’histoire est conçue d’après un collage de punchlines et d’extraits des contes de Hans Christian Andersen lus par la Diva Beyoncé Cruelle.

INSTALLATION/DECORUM MENTAL L’aire intermédiaire est le troisième espace où le rêve et la réalité s’imbriquent, se chevauchent et s’inspirent mutuellement pour le docteur Donald Winicott. C’est un espace propice à l’expérience pour l’enfant et un espace de culture pour l’adulte. Telle la cabane montée dans l’enfance avec deux chaises et un bout de tissu, la plage devient ce troisième espace. L’illusion bénéfique développée par le décorum mental va permettre à la sirène et au public de transgresser les désillusions de la réalité. Des rochers pailletées et peints de couleurs vives définissent au sol la surface performative. Ils sont composés de mousses polyuréthane et de bouées en plastique trouvées dans le commerce. Sur ces formes-présentoirs poussent des sculptures organiques et étranges. Dans les rochers sont plantées des pancartes illustrant les rêves et les cauchemars de la sirène sous forme d’affiche mélangeant photos d’actualités et photos personnelles. Sur un mont de sable trône le trophée dit « le Prince Passeport », graal pour une meilleur vie. Le prince est une silhouette en carton taille humaine du trophée des Oscars, tenant dans ses mains un passeport au lieu d’une coupe. LES PERSONNAGES LA SIRÈNE : Mi-homme, mi-femme, mi-animal, la sirène n’a pas d’identité définie. Elle désire plus que tout rester fidèle à elle même, face à une société sans pitié qui la considère comme un monstre. LES HOMMES COQUILLAGES : Ils sont animateurs, ils jouent sans limite avec les codes développés dans les clubs de vacances pour rendre n’importe quelles situations, même les plus tragiques, en un spectacle continu. Leur obsession « The show must go on ! ». BEYONCE CRUELLE : Mi-chamane, mi-mère maquerelle, elle est le « Monsieur Loyal » de cette cérémonie. Malgré un physique irréprochable, une seule chose essentielle lui manque, une voix de sirène incroyable pour chanter. ACTIONS La performance se passera en trois étapes distinctes : La Parade, le Rituel, la Transformation. Voici des extraits d’actions : – Accompagnés du public, les hommes coquillages portent la sirène évanouie tel un trophée de pêche jusqu’au décor mental. Il lui jette un saut d’eau et des poissons pour la réveiller. – Telles les Mini-Miss USA, la sirène devra montrer ses talents pour accéder à l’homme passeport. Elle devra gagner toutes les étapes de la compétition : Le plus beau talent : abandonner son doudou. La plus belle tenue : se faire greffer des talons aiguilles aux mains et réussir à défiler. Le plus beau discours : répondre à un test de culture sans parler, inspiré de celui créé pour l’élection Miss France.


00:00-02:00 — Thalasso et glissement tropical (Dj set de Clément Douala)

CLUB

02:00-03:30 — Sasa (In Flagranti)
SASA (In Flagranti) Sasa est un exilé new-yorkais réfugié à Paris qui a fait ses preuves depuis quelques années avec son projet discoïde In Flagranti.
03:03-05:30 — Puzupuzu
PUZUPUZU Résident à La Station – Gare des Mines, son EP chez Magic Dancer a fait de lui le champion officiel de la house qualitative et sans œillères.
Samedi 15 septembre — 14:00-06:00 Événement Facebook Prix libre jusqu’à 20:00 / 5€ ensuite


MINES SONORES

14:00-18:30 — Séances d’écoutes commentées et conférences 14:00-20:00 — Installations : Tavala Passion & Fair Play 14:00-21:00 — Mini-market labels 18:30 — Aline Penitot, « La réponse de la baleine à bosse » (live) 20:30 — Aymeric de Tapol, « Folk dust tapes » (mix K7) 21:15 — François Fleury, « Waimaha » (projection)


STATION BALNÉAIRE 22:30-23:00 — On donne une écaille, il te prenne une nageoire ! (performance) 23:00-06:00 — Musiques balnéaires (projections et exposition) 00:00-02:00 — Thalasso et glissement tropical (Dj set)


CLUB 02:00-03:30 — Sasa (In Flagranti) 03:03-05:30 — Puzupuzu