11:00 — PANOPTIC CITY : LA VILLE VUE PAR LES DRONES

previous arrow
next arrow
Slider

Vendredi 1er juin — 11:00
Magasins généraux

Comment le drone, outil de surveillance et arme de guerre, peut-il être détourné par les artistes afin de capter d’un œil neuf l’immensité de la ville contemporaine ? Est-il le médium artistique à même de tenir l’échelle des grandes métropoles contemporaines ? Cette table ronde réunissant artistes, commissaires d’exposition, ingénieurs et pilotes de drone, fera écho à l’exposition « Embrasser – dans l’œil du drone », présentée dans le cadre de Métamines #2 et curatée par Clément Postec et Sarah Ilher-Meyer. Seront explorées les potentialités nouvelles de cette technologie dans la représentation du territoire et la mise en mal de nos référentiels cognitifs. L’autre versant du format portera sur les enjeux éthiques et politiques liés à l’omnipotence du médium et l’extension du régime de la transparence, de l’hyper-visible et de la surveillance généralisée à l’échelle urbaine.


INTERVENANTS :
Léa Le Bricomte (artiste), Raphaël Dallaporta (photographe), Altamétris, Anne Zeitz (Rennes 2), Yves Ubelmann (Iconem), Clément Postec (Commissaire)


MODÉRATION : MARIE LECHNER (Gaîté lyrique)
Marie Lechner est responsable de programmes artistiques à la Gaîté lyrique (Paris). Ancienne journaliste à Libération en charge des cultures numériques, elle a notamment été en 2017 commissaire de « Lanceurs d’alerte » à la Gaîté Lyrique et auteure de « Résistances numériques », projet en ligne présenté dans le cadre de l’exposition « Soulèvements » au Jeu de Paume. En 2015, elle est co-rédactrice avec Agnès de Cayeux d’un numéro spécial de MCD #78, La Conjuration des Drones.


Anne Zeitz (Rennes 2)
Anne Zeitz est maître de conférences à l’Université Rennes 2. Elle est membre du laboratoire PTAC/Rennes 2 et membre associé du laboratoire TEAMeD/Paris 8. Ses recherches portent sur le rapport entre l’art contemporain, la littérature et le cinéma et les questions socio-politiques et économiques – notamment dans le champ de la surveillance et du Big Data. Dans le cadre d’une bourse de recherche de l’Institut national d’histoire de l’art et de l’Institut Français en 2016, elle a travaillé sur les questions de l’attention sonore dans l’art contemporain. Publications récentes : « Moments d'(in)attention, De la temporalité suspendue chez Max Neuhaus » (Tacet #4, décembre 2015), « Visualités, virtualités et trauma – Des temporalités de la guerre à distance » (Multitudes, #63, juillet 2016) et « De la base de données à l’amnésie » (Actes de colloque de Cérisy, à paraître en 2019).


Léa Le Bricomte (Artiste)
Artiste à la création protéiforme et multi-référentielle (Sculptures, photographies, installations, vidéos ,performances, concerts, dessins) née en 1987 à Montbard, diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2012, elle vit et travaille à Paris. Léa Le Bricomte explore l’univers guerrier en ayant recours à des matériaux et à une iconographie militaire : obus, munitions, uniformes, médailles, armes. Des objets compris comme les vestiges de combats passés ou récents qu’elle récolte et collectionne. Ils sont ensuite recontextualisés dans un champ ludique, méditatif et altruiste. Le processus de détournement génère une conversion de la mort à la vie. Ces travaux récents accentuent la dimension spirituelle et immatérielle de son œuvre. Léa Le Bricomte c’est notamment attachée à révéler le potentiel sonore des obus de la première guerre mondiale en organisant des concert/performances ritualisés (Sounds Of War) : une musique nouvelle émane des obus reprogrammés en instruments de paix. Depuis deux ans elle invite des chercheurs du monde de l’invisible (chamans, médiums, guérisseurs) sur les champs de batailles à Verdun, ce vaste projet expérimental et collaboratif (Spirits of war) donnera lieu à une série d’expositions et d’événements divers (publications, conférences/performances, projections).


Clément Postec (Curateur)
Né en 1986, Clément Postec a étudié le cinéma et les lettres modernes. En 2010, il est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg et a participé en 2015 au Speap : programme expérimental en arts et politique de Sciences Po. Il a réalisé plusieurs films courts : Mille autres raisons (2016), Loup, Désir et Borderline (2013), Aéroport (2012)… dans lesquels il développe différentes approches du corps, du paysage et de la voix. Il collabore avec plusieurs artistes et cinéastes (Pauline Julier, Frank Smith, Romain Kronenberg, Arnold Pasquier). Aussi, il conduit des projets de cinéma et d’art contemporain en production et diffusion, pour des structures ou des institutions. Il est actuellement responsable des projets aux Ateliers Médicis.


Yves Ubelmann (Iconem)
Yves Ubelmann est architecte de formation, et a reçu son diplôme de l’école d’architecture de Versailles en 2006. De 2006 à 2010, il a travaillé comme architecte indépendant en Syrie, Iran, Afghanistan, au Pakistan, pour le relevé, l’étude et l’interprétation de sites archéologiques. Dans ce cadre, il a développé depuis 2009 une nouvelle approche de la photogrammétrie pour le relevé des sites archéologiques. De 2010 à 2011, il a travaillé comme ingénieur spécialisé au joint center Microsoft Research – INRIA, avec le département d’informatique de l’ENS (Ecole Normale Supérieure), pour développer et utiliser des méthodes de numérisations 3D basées sur des algorithmes de reconstruction photogrammétrique récents. En 2013, il a cofondé la société ICONEM, qui développe de nouvelles solutions de numérisation 3D d’environnements ou d’architectures, et travaille entre autres pour l’UNESCO ou la Banque Mondiale sur des projets internationaux de numérisation du patrimoine archéologique.


Raphaël Dallaporta (Photographe)
Raphaël Dallaporta, photographe français, né en 1980, vit et travail à Paris. Ses projets de long terme, couvrent un large champ des préoccupations humaines. Il a travaillé en étroite collaboration avec des démineurs (Antipersonnel) , des juristes (Esclavage domestique), des médecins légistes (Fragile) et plus récemment les archéologues (Ruins). Chacun de ses projets à été finalisé par une publication monographique. Raphaël Dallaporta fonde sa démarche sur une approche scientifique afin d’interroger d’abord l’empathie qu’engendrent des sujets de société, et de jouer avec les statuts souvent variées d’une image photographique. Toute son œuvre suit un mouvement qui extrait la photographie de sa condition documentaire pour convoquer une vision symbolique. Pensionnaire en 2014-2015 de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Lauréat de l’ICP Infinity Award 2010 à NewYork et du Paul Huf Award 2011 du Foam à Amsterdam. Ses expositions individuelles comprennent «Raphaël Dallaporta , Observations» itinérante depuis 2011 ou «Antipersonnel» sélectionné par Martin Parr aux Rencontres d’Arles de 2004. Son travail est présent dans les collections du Musée de l’Elysée, Lausanne ; du Fond National d’Art Contemporain, de la Maison Européenne de la Photographie, du Musée Nicéphore Niépce, et de la New York Public Library. Raphaël Dallaporta, a rejoint le programme de résidence de l’Observatoire de l’espace du Cnes.