10:00 — INTERVENTIONS DU JOUR #2

JOUR 2 — 1er JUIN — MAGASINS GÉNÉRAUX

Imaginaire & représentations de la métropole : Drones, nouvelles cartographies, Dataviz

10:30 — [Introduction] ADIEU PÉRIPHÉRIQUE !
Eugénie Lefebvre (BETC – Magasins généraux)

Eugénie Lefebvre est Directrice des Magasins généraux. Créés sur un ancien site industriel au bord du canal de l’Ourcq à Pantin, les Magasins généraux sont un centre de création fondé par l’agence BETC, qui participe à l’énergie et à l’émergence du Grand Paris. Catalyseur de rencontres entre les créateurs et le public, ils rassemblent plusieurs acteurs de la création qui contribuent tous à la programmation. Eugénie Lefebvre revient sur la genèse du lieu et la disparition progressive de la frontière symbolique du périphérique, par la culture et l’imaginaire.


11:00 — [Table ronde 3] PANOPTIC CITY : LA VILLE VUE PAR LES DRONES
Modération : Marie Lechner (Gaîté lyrique)
Intervenants : Anne Zeitz (Rennes 2), Léa Le Bricomte (Artiste), Clément Postec (Curateur), Yves Ubelmann (Iconem), Altamétris, Raphaël Dallaporta (Photographe)


12:30 — [Lecture] AZIMUTH
Raphaël Dallaporta (Photographe) & Philippe Vasset (Auteur)

Azimuth est une exploration du Grand Paris par ses sommets, dont la documentation sera publiée aux Éditions Fayard en 2018. Menée par Raphaël Dallaporta et Philippe Vasset, cette exploration ascensionnelle a débuté par la tour Utrillo, Clichy-Montfermeil. De sommets en sommets tout autour de Paris, cet échange de regards de hauteurs en hauteurs
forme un cercle sémaphorique ceinturant la ville. Les sémaphores font référence au procédés de communication optique ayant disparu de nos paysages et de nos mémoires et qui trouve son origine dans le télégraphe de Chappe, ancêtre des télécommunications modernes, disparu avec l’arrivée de l’électricité. Raphaël Dallaporta et Philippe Vasset cheminent sur ce réseau symbolique de relais placés les uns après les autres. Entre chaque point de vue se dessine un message, une énigme. Une narration secrètement transmise entre les pleins et les vides au dessus de la ville. Tout comme le télégraphe aérien, le protocole de prise de vue n’est opérationnel que le jour. Un capteur numérique monté sur un télescope supplante la longue vue des stationnaires en poste à la fin du XVIIIe siècle. Dans le basculement du regard que cet ensemble nous invite à suivre – Paris prend la forme d’une constellation de points de vue où chaque astre est en définitive un observatoire.

Philippe Vasset est écrivain. Il a publié huit livres oscillant entre le récit, l’enquête et le roman, parmi lesquels Un livre blanc (Fayard, 2007), La Conjuration (Fayard, 2013) et La Légende (Fayard, 2016). Il a collaboré avec le compositeur Pierre-Yves Macé (Phonotopies – commande du Groupe de Recherche Musicales, 2014) et la plasticienne Linda Sanchez (14628.JPG, Adera éditions, 2012), et rédigé plusieurs textes pour des artistes, notamment les graffeurs Lek et Sowat (Lasco Project, éditions du Palais de Tokyo, octobre 2016) et le plasticien Jean-Luc Moulène (catalogue de l’exposition « Moulène » au centre Pompidou, octobre 2016). Également journaliste, il a dirigé pendant huit ans la lettre d’information Intelligence Online et collabore au magazine Vanity Fair.

Raphaël Dallaporta, photographe français, né en 1980, vit et travail à Paris. Ses projets de long terme, couvrent un large champ des préoccupations humaines. Il a travaillé en étroite collaboration avec des démineurs (Antipersonnel) , des juristes (Esclavage domestique), des médecins légistes (Fragile) et plus récemment les archéologues (Ruins). Chacun de ses projets à été finalisé par une publication monographique. Raphaël Dallaporta fonde sa démarche sur une approche scientifique afin d’interroger d’abord l’empathie qu’engendrent des sujets de société, et de jouer avec les statuts souvent variées d’une image photographique. Toute son œuvre suit un mouvement qui extrait la photographie de sa condition documentaire pour convoquer une vision symbolique. Pensionnaire en 2014-2015 de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Lauréat de l’ICP Infinity Award 2010 à NewYork et du Paul Huf Award 2011 du Foam à Amsterdam. Ses expositions individuelles comprennent «Raphaël Dallaporta , Observations» itinérante depuis 2011 ou «Antipersonnel» sélectionné par Martin Parr aux Rencontres d’Arles de 2004. Son travail est présent dans les collections du Musée de l’Elysée, Lausanne ; du Fond National d’Art Contemporain, de la Maison Européenne de la Photographie, du Musée Nicéphore Niépce, et de la New York Public Library. Raphaël Dallaporta, a rejoint le programme de résidence de l’Observatoire de l’espace du Cnes.


14:00 — [Intermède] LES QUARTIERS DU GRAND PARIS
Mona Prudhomme (Enlarge Your Paris)

Mona Prudhomme est journaliste pour le média web Enlarge Your Paris, passionnée par les enjeux de l’ESS dans la construction d’une métropole plus verte et inclusive. Aux origines d’Enlarge your Paris, on trouve un collectif de journalistes grand-parisiens et petit-parisiens ayant souhaité créer un site d’info traitant autrement de la banlieue parisienne. Lancé en 2013, Enlarge your Paris s’intéresse tout particulièrement à la culture et à ceux qui pensent et fabriquent la ville durable. Chaque mois, Enlarge your Paris touche près de 200.000 personnes. En plus de son site, Enlarge your Paris anime un blog sur liberation.fr [1] et intervient sur France 3 dans l’émission « Boulevard de la Seine » de Wendy Bouchard. En 2018, Enlarge your Paris, en partenariat avec les Magasins généraux, sort la première édition du Guide des Grands Parisiens, un ouvrage rassemblant 300 adresses coups de coeur sur les 1.200 visitées par les journalistes de la rédaction depuis 2013. C’est sur ce guide et la cartographie alternative du Grand Paris qu’il intègre que revient Mona Prudhomme.


14:30 — [Intermède] CULTURE ? PARIS 2030
Modération : Sylvain Allemand (Journaliste)
Intervenants : José-Manuel Goncalvès (Directeur du CENTQUATRE-PARIS et directeur artistique et culturel du Grand Paris Express), Vincent Carry (Arty Farty)

Autour du journaliste Sylvain Allemand, José-Manuel Gonçalvès et Vincent Carry échangent sur la mise en récit de l’urbain par la culture et les conditions de gestation d’un imaginaire métropolitain.

Sylvain Allemand est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et titulaire d’une maîtrise d’Histoire (Paris IV-Sorbonne). Ancien journaliste au magazine Sciences Humaines, il collabore avec Alternatives économiques et la revue Urbanisme. Il a conçu et dirigé les collections « Comment je suis devenu… » (aux éditions du CB) et « Modes de ville » (avec Jean-Paul Arif, éditions des Carnets de l’info). Depuis près d’une quinzaine d’années, il suit l’actualité de la recherche, des initiatives et des débats relatifs au développement durable, auquel il a consacré plusieurs publications. Sylvain Allemand est également membre du Conseil d’administration (Secrétaire général), du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle (CCIC) et a codirigé plusieurs colloques liés au devenir de la ville et à la prospective du présent.

Des hautes études en Pratiques sociales, des débuts comme formateur sportif, la responsabilité d’un premier lieu à 21 ans, la promotion de la culture française à l’étranger à 35, la direction d’une première scène nationale (La Ferme du Buisson) à 38… C’est un parcours singulier qui a conduit José-Manuel Gonçalvès jusqu’à la tête d’un des hauts lieux actuels de la culture contemporaine à Paris. Directeur du CENTQUATRE-PARIS depuis 2010, réalisateur des Nuits Blanches 2014 et 2015, commissaire de nombreuses expositions comme plus récemment le parcours d’art contemporain Paysages Bordeaux 2017, le Directeur du projet artistique et culturel du Grand Paris Express a des curiosités protéiformes. A son image, Le CENTQUATRE-PARIS est, à la fois un lieu de production artistique et un lieu de production d’innovation dans le champ des industries créatives.

Acteur de la scène musicale indépendante de 1988 à 1997, Vincent Carry devient journaliste cinéma, culture et politique en 1997. Il prend la direction d’Arty Farty en 2002 et crée le festival Nuits sonores en 2003. La première édition rassemble près de 16 000 spectateurs au coeur de la Ville de Lyon. Une décennie plus tard, il en rassemble plus de 130 000. En 2007, Vincent Carry assure la coordination de la candidature de Lyon au titre de Capitale Européenne de la Culture 2013. Un an plus tard, il devient conseiller artistique du projet de la Gaîté lyrique à Paris, trois ans avant l’ouverture du lieu, en mars 2011. En 2011 également, Nuits sonores est officiellement labellisé et soutenu par l’Union Européenne, permettant la mise en oeuvre du projet European Lab, un forum international dédié au futur de la culture. En 2013, il crée la société Culture Next et le Sucre, rooftop et lieu culturel indépendant installé sur le toit d’un immeuble de 1930, la Sucrière. L’année suivante, il rapproche Arty Farty et la maison parisienne Alias pour donner naissance à une nouvelle entreprise de production baptisée AKA. 2015 est l’année de lancement du projet We are Europe, projet européen de grande coopération soutenu pour l’Union européenne qui rassemble 8 festivals et forums dans un programme d’échange et de co-création sur trois ans, piloté par Arty Farty. Enfin, il travaille actuellement sur le projet Hôtel 71, creative hub qui ouvrira ses portes en 2017.


15:30 — [Table ronde 4] NOUVELLES CARTOGRAPHIES
Modération : Thierry Payet (Artiste)
Intervenants : Jean-Christophe Choblet (Mission Pavex), Christiane Blancot (APUR), Valérie Thomas (Biennale Formes Publiques), Benjamin Cimerman (BET Environnement), Apur


17:00 — [Clôture] L’EXPERT ET LE CANNIBALE. NOTES SUR QUELQUES PHÉNOMÈNES DE DOMESTICATION
Tiphaine Kazi-Tani (Pôle Recherche de la Cité du Design de Saint-Étienne) & Tristan Deplus (Chercheur)

Tiphaine Kazi-Tani et Tristan Deplus unissent leurs expertises de chercheurs, designers, psycho-géographes et skateurs pour proposer une histoire politique et “marabout bout d’ficelle” condensée (et lacunaire) de l’aménagement périurbain en Île-de-France, qui passe par l’histoire coloniale de la France, la gestion des “classes dangereuses”, les mouvements de la domestication et d’ensauvagement des délaissés urbains, en partant de La Station – Gare des Mines jusqu’à la “grande banlieue”, en passant par les Caraïbes et les Maghreb.

Entre itinéraires bis et parcours de réseaux secondaires, Tristan Deplus s’immerge, éprouve, veille, collecte, enquête, cartographie et construit en pratiquant le hors-piste. Équilibriste aux multiples casquettes, tour à tour photographe, graphiste, éditeur, architecte sauvage ou encore historien non-autorisé de l’aménagement du territoire, il accompagne et documente depuis une dizaine d’années des communautés issues des sous-cultures urbaines afin de témoigner des savoirs et tactiques de celles et ceux qui habitent la ville au présent, qui s’appliquent à rendre habitable l’inhabitable. Actuellement basé à Rennes, il mène une expérience de résidence collective sauvage à ciel ouvert à travers laquelle il teste et expérimente de manière dynamique les conditions d’accès à une forme d’autonomie et d’auto-gestion de l’espace urbain.

Designer, chercheur.e, enseignant.e, Tiphaine Kazi-Tani explore les manières dont se formalisent luttes, discours et savoirs minoritaires. Récusant la figure héroïque du designer activiste, i.el tente plutôt de repérer sous quelles conditions et dans quelles situations les activistes font du design. Son travail a été présenté à La Gaîté Lyrique, à la Biennale Internationale de Design de St Etienne, au Centre Pompidou, au California Center for the Arts, etc.