EMBRASSER – DANS L’ŒIL DU DRONE

EMBRASSER – DANS L’ŒIL DU DRONE

EXPOSITION
LA STATION – GARE DES MINES, EN ACCÈS LIBRE.

Événement Facebook
Vernissage le 1er juin à 19h.
Avec une performance de Vincent Voillat et de Kerwin Rolland.
Dj sets de DJ Sundae et Jacques Bon.

Exposition jusqu’au 2 juin, de 14:00 à 20:00

Une proposition curatoriale de Sarah Ihler-Meyer et Clément Postec

Technologie militaire de surveillance et de frappe à distance, commercialisé pour des usages civils et ludiques, utilisé depuis plusieurs années dans le champ du cinéma et des arts visuels, le drone est un dispositif de vision déplaçant nos cadres perceptifs, éthiques et cognitifs. Tel un regard omniscient et omnipotent, vecteur d’une potentielle violence, son régime optique se caractérise par des points de vue surélevés ou aériens, une caméra mobile, oscillant entre moments de latence et d’accélération, reliant petites et grandes échelles dans un mouvement continu, mais également par des métadonnées parfois visibles à l’écran. Autant de coordonnées spatio-temporelles induisant des conduites et des schémas d’action spécifiques, décentrant et ouvrant l’œil humain à de nouvelles perspectives dans son appréhension du monde et du territoire dont les artistes ici réunis explorent les enjeux esthétiques, fictionnels et politiques.

avec des œuvres de Capucine Vever, Vincent Ceraudo, Nicolas Boone, Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Omer Fast (courtesy GB Agency)…

Pour des raisons techniques indépendantes de notre volonté l’installation Le Faux Bourdon de Martin Le Chevallier ne pourra pas être présentée.

Sarah Ihler-Meyer est critique d’art (membre de l’AICA) et commissaire d’exposition indépendante. Clément Postec est commissaire indépendant et responsable des projets artistiques et culturels aux Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois.


Crédit image : Martin Le Chevallier, Le faux bourdon, 2016. Image : Google Earth – © 2016 CNES / Astrium

Présenté avec les soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (DICRéAM) et d’Altamétris, dans le cadre de Métamines #2. Une coproduction Collectif MU – SNCF Immobilier.

 


Rupes Nigra, 2018
Capucine Vever

Capucine Vever produit des récits prenant la forme de vidéos, d’installations, de créations sonores et de projets éditoriaux. Sa production plastique s’inscrit dans une relation contextuelle aux territoires géographiques découverts lors de résidences et de projets artistiques. Elle exploite et développe ainsi le potentiel narratif de ces environnements géographiques, sociaux ou culturels. Rupes Nigra prend pour point de départ la notion d’errance inhérente au pôle Nord magnétique. Par un enchaînement de plans-séquences, le film retranscrit la dérive d’un territoire isolé qui n’est rattaché à aucune plaque tectonique. Fonctionnant comme un jeu de paysages – entre paysage réel filmé et paysage imaginaire raconté –, ce film entend questionner l’île comme symbole du nomadisme, espace romanesque, socle de récits et de projection de désirs.


Paris City Ghost, 2015
Vincent Ceraudo

Fasciné par la tension dialectique entre le visible et l’invisible, Vincent Ceraudo s’intéresse aussi bien à l’imagerie scientifique qu’à d’anciennes expérimentations photographiques. Autant de manières pour lui d’explorer des états modifiés de la conscience et de mettre en évidence des phénomènes imperceptibles à l’œil nu. Paris City Ghost nous invite à survoler avec un drone les rues et les allées quasiment désertes d’une réplique de la ville de Paris construite en Chine, à plus de 11 000 km de l’originale. Conçue pour accueillir dix mille personnes, cette étrange réplique héberge seulement quelques centaines de personnes, faisant de ce projet architectural une véritable ville fantôme moderne. Vincent Ceraudo en fait le théâtre d’un film surréaliste et contemplatif.


Etage 39, 2017
Nicolas Boone

On connaît le goût de Nicolas Boone pour la fable, que ce soit Les dépossédés (2011), offrant la vision d’un futur proche, ou Hillbrow (2014), qui réinventait l’imaginaire d’un quartier de Johannesburg. Avec ETAGE 39 (2017), il met en scène l’épreuve du dessaisissement et l’incapacité d’inscrire le monde dans une structure de sens stable et définitive. Dans un espace indéterminé, face à des images de paysages vierges de toutes traces humaines – plages exotiques, montagnes, déserts, forêt, littéraux et volcans –, des individus évoquent leurs pertes de repères temporels et géographiques. Ne sachant pas quand et où ils se trouvent, certains établissent un lien de l’ordre de la croyance ou du nihilisme, d’autres raisonnent, enquêtent… Un récit paradoxal sur une impossible mise en récit du « réel ».


The Unmanned – 2045 – The Death of Ray Kurzweil, 2014
Fabien Giraud et Raphaël Siboni

Fabien Giraud et Raphaël Siboni concentrent leurs recherches autour des notions de mesure et de vision du monde. Le questionnement sur l’évolution des techniques, du temps et des rapports d’échelle les conduit au-delà de la mesure humaine, vers une image hors-monde. The Unmanned est une série de films racontant à rebours une histoire non-humaine de la technique. The Unmanned – 2045 – The Death of Ray Kurzweil (premier épisode de la série) montre l’errance de Ray Kurzweil (théoricien du transhumanisme) aux côtés de son père-fils, Friedrich, dans l’immensité d’une forêt tropicale. Ce film d’anticipation, entièrement filmé au drone, se déroule en 2045, au seuil de la « singularité technologique », ce moment où les machines deviendront si puissantes qu’elles pourront s’autonomiser et s’autogénérer.


Five Thousand Feet is the Best, 2011
Omer Fast

Essentiellement basé sur l’image en mouvement, le travail d’Omer Fast brouille les frontières entre le « réel » et sa « représentation ». À travers le récit d’un pilote de drone American Predator, Five Thousand Feet is the Best fait ressortir les disjonctions psychologiques et géopolitiques entre une base militaire située à une heure de Las Vegas, au Nevada, où se trouvent les pilotes de drones américains, et les emplacements au Pakistan, au Yémen et en Afghanistan d’où partent les drones. Omer Fast nous rappelle que la militarisation n’est pas un phénomène limité aux zones de guerre, sans lien avec nos existences : dans un contexte de militarisation mondiale, tel qu’exemplifié par les attaques de drones, les relations entre ici et là-bas sont inextricablement liées et tissées, souvent de façon invisible, dans la trame d’une communauté devenue planétaire.


DJ SETS

Dans le cadre du vernissage de l’exposition Embrasser – Dans l’œil du drone, jeudi 1er juin dès 19:00
en plein air

DJ Sundae
DJ, digger, designer, label manager de Idle Press, Sundae oeuvre en collectionneur sensible et ouvert pour l’apaisement de nos âmes. Plus qu’un énième archiviste éditant des mixtapes, Sundae inclut dans son œuvre une ligne rouge, ténue, qui tient dans la recherche d’une certaine forme de beauté rare, subtile et fragile. Il a sorti avec Julien Dechery une compilation psyché-folk et lo-fi, «Sky Girl», depuis devenue essentielle. On le retrouve aussi sur NTS Radio, pour son émission No Weapon Is Absolute au côté de Cosmo Vitelli. La première sortie de son label, Idle Press, était la réédition d’un classique no-wave « oublié » du groupe Pitch.
https://soundcloud.com/djsundae

Jacques Bon
En 2007, Jacques Bon ouvre une antenne parisienne de Smallville Records. La boutique / label devient rapidement un rituel de passage pour tous ceux qui ont quelque chose à négocier avec la musique électronique. Grand habitué des clubs parisiens où il a invité des artistes comme Omar S, Kassem Mosse ou Move D, il fait parti de ces rares français à avoir activement comploté pour l’avènement d’un renouveau artistique dans la scène house mondiale. Egalement producteur, il sort des disques aux côtés de Christopher Rau ou des pionniers de Virgo Four. En 2017, il sort Dawning Light, magnifique EP sorti chez les new-yorkais de Beats In Space.
https://soundcloud.com/jacquesbon